TOUT QUITTER POUR LES VAGUES : LE PARI FOU D’UN COUPLE PARTI VIVRE EN AUSTRALIE

Mis à jour le 20-07-2026

Avec une conjoncture économique qui ne cesse d’évoluer et un quotidien parfois rythmé par la pression, qui n’a jamais pensé, ne serait-ce qu’une seule seconde, à tout plaquer, mettre les voiles, partir sans se retourner et tenter l’aventure « of your life » ? Laisser derrière soi ce fameux « bad mood » qui peut parfois nous coller à la peau. Dire adieu au métro-boulot-dodo… Et choisir une autre voie, le temps d’un instant ou peut-être d’une vie. Que l’ambition soit professionnelle, personnelle ou amoureuse… Peu importe. Tant qu’elle nous pousse vers un ailleurs, vers un endroit où l’on décide de privilégier un cadre de vie rêvé, loin des schémas traditionnels. L’herbe serait-elle vraiment plus verte quelque part ailleurs, sous les cocotiers ? C’est justement ce que nous avons voulu découvrir. À travers notre interview, nous revenons sur l’histoire de Jérémy et Sophie, deux passionnés de surf, de voyage et d’aventure, qui ont partagé pendant un an et demi une expérience hors du commun sur les routes, dans les airs et sur l’eau. Surftrippers et backpackers dans l’âme (comme nous ), loin des codes de l’image parfaite des réseaux sociaux, ils nous livrent aujourd’hui leur regard sincère sur cette aventure. Une question revient souvent : comment réussir à concilier voyage, surf et travail ? Ils nous racontent leur réalité, entre liberté, imprévus, découvertes et choix de vie.

Avant d’entrer dans le cœur du sujet, comment vient l’envie de se barrer ? Ça vient comme une envie de pisser ? Un jour, tu te lèves et tu décides de tout plaquer ? Est-ce que c’est aussi simple que cela ?

Tout commence quand tu te mets à en parler. Mais bon, tu te rends compte que tu ne fais qu’en parler. Puis tu te mets à en rêver… Et c’est lorsque tu te retrouves face à ton tas d’emmerdes, difficile à surmonter, que tu penses à ta situation : « On est jeunes, sans enfants ! » Alors, on peut t’assurer, et tu peux nous croire, que tu ne tergiverses pas longtemps pour prendre une décision ! La seconde phase consiste à tout faire pour atteindre ton objectif. Durant une année, on a mis beaucoup de choses entre parenthèses. On a minimisé les sorties, nos économies sont devenues une priorité, on a travaillé énormément, et on a tout vendu : notre voiture, nos fringues… Quand ton bien est désormais en location, quand tu fais une rupture conventionnelle après dix ans de boîte pour l’un, et que l’autre quitte son CDI pour enchaîner sur un CDD de trois mois afin que tout se goupille bien et pouvoir prétendre au chômage à ton retour en France… Tu prends conscience que tout devient concret, petit à petit. Tu as peur de l’inconnu ? Tu as peur de sauter le pas ? Mais l’excitation et le goût de la liberté que tu éprouves à ce moment-là prennent largement le dessus !

À notre sens, beaucoup d’entre nous n’osent pas franchir la ligne de départ. Quand sait-on que c’est le moment de partir ?

Vous savez quoi !? Il n’y a ni bons ni mauvais moments ! Quand tu atteins ton objectif, qui est de mettre suffisamment d’argent de côté, tu ne réfléchis plus. Tu fonces ! Il est trop tard pour se retourner, de toute façon ! Le compte à rebours est lancé… Quand tu ressasses cette envie d’aventure, que tu as des barrières trop importantes à franchir, le changement devient essentiel et prendre du recul sur ta vie actuelle devient urgent. Le voyage peut être une forme de thérapie. Alors, en toute sincérité, tu décides de penser à toi, de te recentrer et de véritablement profiter.

« On n’a qu’une vie, bordel ! » Et on l’a fait.

Le but premier de votre départ était de partir travailler en Australie. Alors, quelles démarches avez-vous dû faire pour obtenir un Working Holiday Visa en Australie ?

Les démarches administratives que l’on a dû effectuer pour entrer sur le territoire et bénéficier d’une sécurité suffisante en cas de problèmes sanitaires sont les suivantes :

Donc, bien évidemment, le passeport et le visa. Le permis international, sachant qu’il faut environ six mois pour le recevoir. Nous avons fait la demande du WHV, qui coûte 450 $ et que tu peux obtenir aussi bien en trois heures qu’en une semaine. Tu peux ouvrir un compte en banque depuis la France, c’est ce que nous avons fait. C’est un vrai gain de temps avec Commonwealth. Concernant la santé, nous avons dû faire des vaccins. Et il nous semble important d’investir dans une assurance maladie. On n’est jamais à l’abri d’un pépin de santé ! Nous avons souscrit une assurance avec Chapka, qui nous a coûté 450 € par an et par personne. Et ce n’est pas fini ! Une fois que tu es sur le territoire, si tu veux travailler, tu dois obtenir un numéro TFN.

N’hésite pas à télécharger le PDF « Le guide du backpacker » sur le site Backpackers Australia pour obtenir des informations supplémentaires. Il nous a bien aidés.

Hormis l’Australie, vous êtes partis découvrir d’autres pays ! Ces destinations ont-elles été choisies exclusivement pour le surf ?

Tous deux riders, nous avons choisi ces destinations presque exclusivement pour leurs vagues !

SURF EN MALAISIE

CHERATING

Nous étions pile en période de mousson, qui a lieu en novembre et décembre. Tu peux alors trouver des vagues sur la côte Est. Nous avons pu surfer une gauche en point break. C’est une vague de vent qui fonctionne uniquement pendant la période de mousson.

 LES ILES DE NIAS ET MENTAWAÏ

SURF À SUMATRA

Très connus pour leurs vagues tubulaires, même en période de mousson, les spots sont un peu difficiles à atteindre. Il faut prendre un speed boat durant six heures, puis sauter dans une pirogue pour encore quatre bonnes heures ! C’est l’aventure ! Effectivement, tu te sens privilégié d’être si proche de ces spots vierges… Mais à quel prix ? La vie reste beaucoup trop chère pour l’Indonésie !

 

UN STOP EN THAïLANDE :

On a tout de même fait un stop en Thaïlande. Bien sûr, nous n’y sommes pas allés pour le surf. Nous avons fait un peu de farniente, de snorkeling et de visites sur quelques îles dans le sud de la Thaïlande. On ne s’éternise pas sur le sujet, car nous ne le conseillons pas forcément : il y a beaucoup trop de touristes ! Peut-être aurions-nous dû nous perdre dans les montagnes du nord de la Thaïlande?

LE SURF À BALI :

On pense qu’il n’est pas nécessaire de faire un dessin concernant le surf, hein ! Par contre, attention au monde dans l’eau : c’est de la folie ! Toutefois, il faut quand même surfer au moins une fois dans sa vie sur ces spots mythiques que sont Padang Padang et Uluwatu. Mais prudence, ils restent des spots réservés aux surfeurs confirmés ! Bali est une grosse destination surf, avec plein de spots différents… Tu y trouveras forcément ton bonheur ! L’île de Nusa, ainsi que Lembongan et Ceningan, regorgent également de spots.

LE SURF EN NOUVELLE ZELANDE

Quand on te dit « Nouvelle-Zélande », tu penses à un étrange espace sauvage où il n’y a rien d’autre que toi ? En passant par Tauranga, Kaiate Falls, Raglan, Muriwai, Bethells Beach, Anawhata puis Piha, ce sont des vues à couper le souffle ! Des paysages à l’état pur, bruts, sauvages, aux origines volcaniques ! C’est pour cela que l’on s’est empressés de louer un van, pour faire corps avec les éléments. Notre petit van nous a accompagnés dans la traversée de l’île du Nord. Nous sommes tombés sur quelques bons spots de surf, des spots sauvages et réputés. Nous sommes allés surfer la gauche du point break de Raglan.

 

 LE SURF AUX FIDJI

Humainement, c’est de loin l’un de nos plus gros coups de cœur… Mais attention ! Le coût de la vie est hors de prix ! Il est difficile pour des globe-trotters comme nous de trouver autre chose que des resorts pour les premières nuits. Ce n’est que quelques jours plus tard que nous avons pu nouer des liens et dormir chez l’habitant. Si tu n’avais pas prévu de te retrouver à stagner sur l’île principale, amis surftrippers et backpackers, nous vous conseillons de prévoir une belle enveloppe pour vous payer le bateau qui vous emmènera découvrir les fameuses petites îles des Fidji et surfer au large ! Dans notre cas, nous avons pu surfer une droite très accessible à la rame, qui se déroulait en face de la beach house.

 

LE SURF EN AUSTRALIE

Après un périple de presque trois mois à travers la Malaisie : Kuala Lumpur, Cherating, Mersing et l’île de Tioman ; l’Indonésie du Nord : Medan, Padang, les îles Mentawai, l’île de Nias, le lac Toba et ses tribus Bataks ; puis la Thaïlande : Bangkok, Ayutthaya, Koh Tao, Phang Nga, Phuket, Koh Phi Phi, Koh Lanta, Krabi ; et enfin Bali : Balangan, Nusa Lembongan, Ceningan, Nusa Dua, Serangan, et notre dernière escale, Keramas, avec ses plages de sable noir volcanique. Au total : 30 maisons, 9 avions, 12 bateaux… Bon, OK, nous n’avons pas réussi à compter les taxis, les bus, les scooters… Nous sommes restés presque un an et demi en Australie, alors nous avons eu le temps d’explorer quelques spots, entre Sydney, où l’on trouve plein de spots populaires avec son énorme skatepark face aux vagues, Byron Bay et la Gold Coast.

Mais alors, comment peut-on allier voyage, surf et travail ? Est-il possible d’avoir le nez sous les palmiers tout en gagnant de l’argent ? Comment organiser son surf-travel pour avoir des revenus et profiter pleinement ?

Pour allier surf et travail, un conseil : privilégie ton cadre de vie avant de penser au travail et au logement. En ce qui nous concerne, nous sommes allés nous installer près des vagues, puis nous nous sommes préoccupés du reste. C’est le principe du WHV (Working Holiday Visa) : allier six mois de travail et six mois de vacances. L’idée est de travailler pour profiter de la vie ! Alors, la meilleure façon pour nous a été de partir avec un petit capital, environ 3 000 € par personne, d’arriver et de travailler directement. Il faut savoir qu’un temps plein en Australie correspond à environ 45 heures. La vie est chère, mais tu gagnes suffisamment pour pouvoir mettre de côté et te faire plaisir. Pour te donner une idée : nous avons dépensé 6 000 € en travaillant dix mois en Australie, sur une période totale d’un an et cinq mois.

Vous êtes plutôt ORGANISATION ou IMPROVISATION ? Pour trouver un logement, un boulot, faciliter l’intégration quand on ne parle pas la langue ?

Même si aujourd’hui, on trouve tout sur Internet et que cela facilite l’imprévu, on s’organise un minimum. On prévoit un itinéraire de base que l’on adapte sur le moment. On réserve nos logements via Airbnb ou Agoda deux jours avant, ou même le jour J !! Haha… On aime tellement avoir cette flexibilité, être « free ». Si l’on se sent bien dans un endroit, on y reste ! Sinon, on le quitte, vite fait bien fait !

Jeremy : On avait une piste de boulot pour moi dans mon domaine, la boulangerie. Ça fait plus de dix ans que je fais ce métier, alors j’étais dans mon élément.

Sophie : Par contre, pour moi, ça a été une totale impro’ ! Avec un anglais proche de zéro ! Mais je suis toujours partie du principe que si tu veux le faire, tu peux le faire. Alors, je me suis lancée. J’ai fait « runner », serveuse, puis préparatrice et serveuse dans un café d’açaï bowls… Et si je peux te donner un conseil : ne te laisse pas envahir par la peur ! Si d’autres l’ont fait, tu peux le faire aussi.

Et vu que sans galères, il n’y a pas d’aventures, et que sans imprévus, il n’y a pas de voyage… Avez-vous rencontré des galères qui auraient pu mettre en péril votre projet de vie ?

« Arf !! » Des petites galères, il y en a toujours, mais rien de bien méchant !

SANTÉ

On a attrapé quelques petits virus. Donc, un conseil : prévois une bonne trousse à pharmacie lors de tes prochains voyages !

EN THAÏLANDE : PLUS DE CARTE BANCAIRE

Nous n’avions pas prévenu nos banques que nous partions ! Elles nous ont bloqué nos cartes en pensant que les retraits effectués étaient anormaux… Plus possible de retirer de l’argent : la merde ! Alors, un conseil : préviens ta banque !

À BALI : PIRATAGE DE CARTE BANCAIRE

Nous avons eu une mauvaise expérience avec une carte piratée à Bali. Alors, si tu peux, ramène de l’espèce, car beaucoup de distributeurs automatiques sont eux-mêmes piratés (l’horreur). Nous, on s’est fait pirater 800 €… Et si tu veux changer de l’argent (pour en avoir subi les frais…), ne va pas dans le centre de Kuta ! Privilégie les vraies banques ou les véritables bureaux de change. Ne va pas n’importe où, sinon tu n’es pas à l’abri d’une escroquerie ! Ils te font une petite technique de passe-passe, à toute vitesse avec les billets, et hop ! Tu n’y vois que du feu… Et bizarrement, tu as moins d’argent que prévu ! Haha.

La question que l’on était impatients de vous poser : pourquoi être revenus en France après un an et demi, alors que vous aviez goûté à la liberté et au meilleur cadre de vie que l’on puisse espérer ? Des projets sont-ils à venir ?

C’est la grande question que tout le monde nous pose ! Un retour s’impose quand tu as des attaches familiales et des frais à gérer. La France nous coûte cher ! Notre but était de vivre une expérience unique avant de nous engager « dans la vraie vie ». Aujourd’hui, notre prochain objectif est de monter un business sur la côte landaise ou basque ! Jamais loin des vagues.

Redaction par Lorraine – Customind shop & Takeabreathedition  – © Copyright Photos & Text 

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