Le portrait de la semaine est consacré à Ugo Robin. Tu as peut-être déjà entendu parler de ce surfeur réunionnais d’une vingtaine d’années, qui porte en lui tout ce que l’on aime retrouver chez un compétiteur : la passion, la persévérance et surtout une véritable authenticité. Nous avions envie de mettre un coup de projecteur sur cette positive attitude, sur cet état d’esprit et sur cet individu rempli de belles valeurs. Vous allez sûrement nous demander : « Pourquoi Ugo alors qu’il existe tant d’autres pro-riders ? » Parce qu’Ugo est de ceux qui avancent sans jamais rien lâcher. Tenace et persévérant, il se bat pour atteindre ses objectifs, que ce soit dans des conditions extrêmes, dans le froid, ou face aux plus grosses séries… Mais surtout, il se bat pour devenir le surfeur qu’il souhaite être. Puissant, polyvalent et profondément humain, Ugo représente cette nouvelle génération de surfeurs qui ne cherche pas seulement la performance, mais aussi le plaisir et le partage autour de leur passion. Nous avions donc envie de vous faire découvrir son parcours à travers cette interview.

Salut Ugo ! Nous avons tous très envie d’en savoir un peu plus sur toi ! Présente-toi à nos lecteurs. Et surtout, une question nous intrigue : quand as-tu décidé de reprendre la compétition ?
Salut Lorraine & Anto ! J’ai 23 ans et je viens de l’Île de la Réunion. Pour vous raconter un petit peu mon parcours, les compétitions se sont arrêtées pour moi à l’âge de 19 ans, car mon sponsor principal a arrêté son contrat. Suite à cela, j’ai continué mes études. Après avoir obtenu un bac +2 en gestion commerciale au CNPC, j’ai travaillé en 2016 chez Superdry en tant que vendeur, puis ensuite comme responsable de magasin à Hossegor. Je te rassure, pendant mes jours de repos je surfais ! Mais la compétition me manquait énormément. Alors j’ai foncé. L’année 2017 a été décisive. Je me suis remis à la compétition tout en passant mon diplôme de professeur de surf (BPJEPS).
Tes planches sont de plus en plus recouvertes de stickers ! Peux-tu nous parler de tes sponsors et des marques qui t’accompagnent aujourd’hui ?
En matière de combinaisons, je suis sponsorisé par Wildsuits, qui est une nouvelle marque sur le marché du surf proposant des combinaisons plus respectueuses de l’environnement. Ensuite, j’ai Hurricane Surf qui me fournit en matériel, comme les leashs, grips et housses de voyage et transport. Concernant les boards, Phantom Surfboard est une nouvelle marque de planches en epoxy qui vient de Galice. Je suis également sponsorisé par un concept intéressant : WarPaint. C’est un nouveau système d’autocollants à placer sous la planche pour améliorer la glisse, aussi bien à la rame que sur la vague. Pour finir, j’ai un petit bout de La Réunion dans mes sponsors avec Bdo Réunion Mayotte, un partenariat avec une entreprise réunionnaise.
Merci Ugo pour ces découvertes ! Nous avons mis les liens de tes sponsors pour ceux qui souhaitent découvrir ces marques. Mais au-delà du matériel et de la performance, qu’est-ce qui est vraiment important pour toi dans le surf ?
Pour moi, dans le surf, ce qui est vraiment important, c’est de toujours prendre du plaisir, que les vagues soient belles ou complètement nulles.
Justement, avec cette philosophie, comment abordes-tu tes objectifs pour la saison 2018 ?
Haaaa oui ! Je me suis fixé pas mal d’objectifs pour cette année 2018 ! Déjà en France, je souhaiterais finir dans le Top 2 des championnats de France. En Europe, j’aimerais finir dans le Top 15 des WQS et, à l’international, dans le Top 150. Je travaille avec mon coach Nicolas Fernandez de Surfcoaching, qui m’entraîne sur Hossegor, et bien sûr sans oublier ma coach/copine qui m’accompagne et m’encourage sur toutes les compétitions et qui, en plus de cela, essaye de me faire gagner !

Sur Take A Breath Edition, on aime parler voyage. Raconte-nous… Quels sont les trips qui ont marqué ton parcours de surfeur ?
Plus jeune, j’ai eu cette chance de voyager grâce aux compétitions, où j’ai pu goûter aux vagues du célèbre et mythique spot de Snapper Rocks en Australie. J’ai surfé en Nouvelle-Zélande, à Piha, pour les championnats du monde ISA Cadet. Je suis parti l’année suivante au Pérou pour les ISA. Sans oublier le spot de Keramas à Bali, le Portugal et les Canaries pour des surf trips mémorables en famille.
Et justement, un prochain voyage est-il déjà prévu ?
Carrément ! Le prochain est à Santa Cruz, au Portugal, pour un WQS 3000. Nous espérons évidemment que cette compétition s’est bien passée pour toi, affaire à suivre ! Et justement, si tu revenais quelques années en arrière, quel conseil donnerais-tu à un jeune surfeur qui souhaite se lancer dans la compétition ? Ce qu’il faut savoir, c’est que le monde de la compétition est vraiment difficile. On a beaucoup de pression, d’entraînements et de voyages. Il faut accepter les défaites, car il va y en avoir, et elles font toujours mal. Et comme je l’ai dit plus haut, il ne faut jamais cesser de prendre du plaisir et de s’amuser (même si certains entraînements ne le sont pas toujours parfois).
Parlons un peu matériel ! Aujourd’hui, quel serait ton quiver idéal ? Planches, dimensions, dérives, combinaisons… Qu’est-ce qui correspondrait le mieux à ton niveau et ton style de surf ?
Mon quiver idéal… Disons plutôt ce que j’aimerais avoir, car mon quiver n’est pas encore complet : Une planche pour les grosses vagues, du style un gun en 9’ ou 10’, car j’ai essayé deux ou trois fois et j’ai beaucoup aimé. Deux planches pour les petites vagues : une en epoxy et l’autre en résine, en 5’9. Deux ou trois planches pour les vagues basiques, dont une en epoxy entre 5’10 et 5’11, une planche en 6’0 pour quand c’est un peu plus gros, et une 6’1 pour les bonnes grosses sessions.
Selon toi, le surf est-il devenu un business ou simplement une évolution économique de notre société ?
J’ai envie de te dire que c’est un peu des deux ! Le surf est devenu un effet de mode, beaucoup de personnes veulent essayer et s’y mettre. Par conséquent, on retrouve un gros business derrière, notamment dans les compétitions avec les prize money et toutes les marques qui sponsorisent les événements. On peut remarquer que de plus en plus de marques utilisent le surf pour leur publicité !
Si tu avais le choix : resterais-tu surfer en France ou partirais-tu vivre à l’étranger ?
Haha, quelle question ! C’est dur de choisir ! Je t’avouerais que sur Hossegor, il y a vraiment de jolies vagues, comme de bonnes vagues d’entraînement quand c’est tempête (pensée à Nico). Mais au Portugal par exemple, les vagues sont différentes et aussi parfaites ! Et sinon, sur une île au chaud, vivre en maillot de bain m’irait très bien aussi !!
Tu es originaire de La Réunion, une île qui a toujours été associée au surf. Quel regard portes-tu aujourd’hui sur la situation liée aux requins bouledogues et son impact sur les surfeurs réunionnais ?
La situation à La Réunion est vraiment compliquée… C’était un endroit paradisiaque pour le surf : eau chaude, de magnifiques vagues et une bonne ambiance. Malheureusement, le gouvernement a laissé le problème de côté et le requin bouledogue s’est multiplié très rapidement. Aujourd’hui, quasiment toutes les plages qui entourent La Réunion sont interdites à la baignade et, ça va de soi, les activités nautiques sont également touchées (sauf dans les lagons). Donc oui, effectivement, il y a un énorme impact sur l’économie. Tous les professeurs de surf ont dû fermer leur école et trouver un autre métier. Les restaurants et camions-bars en front de mer ont de moins en moins de clients, les plages sont totalement vides. Le lagon est maintenant surpeuplé, ce qui a un impact sur les coraux et les poissons. J’espère de tout cœur pouvoir surfer un jour là-bas comme avant, sans filets, sans vigies, entre amis et sans stress.
Fais-nous rêver ! Raconte-nous ton souvenir le plus magique d’une session de surf.
Il n’y a pas si longtemps, je suis parti à La Nord essayer de surfer de grosses vagues (ça l’était pour moi en tout cas) et j’ai eu de superbes sensations avec de gros take-off. J’ai passé un super bon moment. Après, j’ai très souvent des sessions magiques, comme par exemple à la Gravière quand c’est parfait avec de jolis tubes, ou même de longues vagues à manœuvres à Seignosse. C’est très dur de choisir une session magique !

Lorraine & Anto – Tous droits réservés – Article et photos.
