Trois semaines de surf, de jungle et de backpacking sur l’île de Ceylan
Pour notre premier article voyage sur le blog, on s’était dit qu’on allait commencer par une destination qui nous avait particulièrement marqués : le Sri Lanka.
Lorsque l’on vit une belle aventure dans un pays, on a souvent cette drôle d’habitude de repartir sans se retourner. Parce qu’au fond, on se dit qu’il y a tant d’autres endroits à découvrir, tant d’autres vagues à aller chercher, qu’on n’y remettra probablement jamais les pieds. Mais entre toi et nous, le Sri Lanka n’est peut-être que le début d’une histoire…
Mars 2017. Nous sommes partis pendant trois semaines à la recherche des meilleures vagues, sur cette île située au sud de l’Inde, autrefois appelée Ceylan. Un voyage économique, avec peu de moyens, toujours en mode backpackers. L’idée était simple : trouver les meilleurs plans au moindre coût, se gaver de vagues et surtout barouder.

LE BUDGET
Pour trois semaines à deux, notre budget était d’environ 1 000 €, auxquels s’ajoutaient environ 800 € de billets d’avion pour deux. Partir avec ses boards, ce n’est pas toujours simple et c’est parfois coûteux. Il faut donc trouver le bon plan pour réussir à embarquer son quiver sans exploser le budget.
L’ASTUCE
Voyage Pirates, tu connais ? C’est un site que nous utilisions beaucoup et que nous gardions à l’œil pour dénicher les bons plans. Le principe était simple : le site sélectionnait les dates aux meilleurs prix, puis nous redirigeait vers des comparateurs de vols. À l’époque, nous avions trouvé de super tarifs par leur intermédiaire. 400 € par personne, avec un boardbag gratuit.
Bon… officiellement, c’était limité à une planche. Nous en avions ramené trois. La limite de poids était de 23 kg et nous en avions 27kg. Résultat : un petit supplément de 50 € à l’aller et 70 € au retour. Pas vraiment prévu dans le budget, mais quand on aime voyager avec ses boards, il faut parfois savoir faire quelques concessions.
Ces tarifs et conditions correspondent à notre voyage de 2017.
AVEC QUELLE COMPAGNIE AÉRIENNE ?
Nous sommes partis avec une compagnie assez peu connue qui, à première vue, n’inspirait pas forcément une confiance absolue. Mais elle avait un argument de taille : des prix imbattables et surtout les planches de surf gratuites. Alors on a tenté le coup avec Ukraine International Airlines, via eDreams. Nos planches ont été intactes, aucun retard sur les vols et aucun bagage perdu.
Depuis Bordeaux, nous avions pris le train jusqu’à Paris-Montparnasse, puis un bus à environ 10 € par personne pour rejoindre l’aéroport Charles-de-Gaulle. Concernant les boards dans le train, c’était un peu la roulette. Si tu tombais sur un contrôleur compréhensif, tout allait bien. Sinon, c’était soit l’amende, soit la possibilité de se faire gentiment débarquer à la prochaine gare, voire de se voir refuser l’accès au train. Nous avons toujours voyagé comme ça.
BIENVENUE AU SRI LANKA
Le Sri Lanka se divise principalement en deux saisons de surf :
OCTOBRE À MARS → CÔTE OUEST / SUD-OUEST
AVRIL À SEPTEMBRE → CÔTE EST
L’île bénéficie d’un climat tropical et permet de trouver des vagues tout au long de l’année, à condition de suivre la bonne côte. Mais le Sri Lanka, ce n’est évidemment pas uniquement du surf. L’île offre une faune et une flore incroyables. Tu peux facilement te retrouver au milieu de la jungle, avec des macaques à toque qui sautent de liane en liane au-dessus de ta tête, des varans qui traversent la route ou encore de petits scorpions qui tentent de se faufiler entre tes orteils. Et dans l’eau, les tortues ne sont pas vraiment farouches.
LES RENCONTRES
La population que nous avons rencontrée était souvent très souriante, curieuse et toujours prête à donner un coup de main. Pour nos logements, nous nous sommes complètement laissés porter par les rencontres. Et c’est justement comme ça que nous avons trouvé certains de nos meilleurs plans. C’est aussi ce que nous aimons dans le backpacking : ne pas forcément tout prévoir, accepter de changer de direction et laisser les rencontres décider un peu du programme.
QUOI MANGER LÀ-BAS ?
Rien de mieux que de manger local pour s’immerger dans la culture du pays, et surtout, à l’époque, cela ne coûtait presque rien.
Si tu es courageux, tu peux commencer la journée avec un rice & curry bien épicé accompagné d’un thé de Ceylan. De notre côté, après une bonne session matinale, rien de mieux qu’un pancake à la banane avec du sirop d’agave et un pineapple juice. Avec la chaleur et l’énergie dépensée dans l’eau, on avait surtout envie de fraîcheur. Beaucoup de fruits et de l’eau de coco, directement sortie des noix tombées des palmiers.
Après six ou sept sessions de surf dans la journée, forcément, ça creuse. On prenait alors le tuk-tuk et on partait à la recherche de nouvelles saveurs.
Au menu :
TIGER LOBSTER
EAU DE COCO
PANCAKES & FRUITS
RICE & CURRY
KOTTU ROTI
SODAS LOCAUX
SALADE DE FRUITS
Les tiger lobsters grillées, autour de 10 € le kilo. Le Kottu Roti, que tu trouves dans les petites cahutes en bord de route. Une préparation à base de galettes, de légumes et de poulet, le tout découpé en petits morceaux. Environ 1,50 € à l’époque. Et puis les beignets, samoussas aux légumes et autres petites gourmandises que tu trouves dans les petites cahutes au bord des routes. Attention cependant : quand on te dit que ce n’est pas épicé…






LES SPOTS DE SURF
Les spots de surf au Sri Lanka, ce n’est vraiment pas ce qui manque. Que tu sois débutant, intermédiaire ou confirmé, il y en a pour tous les niveaux. Du reef, du sable, des gauches, des droites…Les spots sont principalement concentrés sur la côte sud, d’ouest en est. La découpe du littoral offre une belle variété de vagues et permet parfois de trouver plusieurs spots différents sur une très courte distance. Sur environ un kilomètre, tu peux même avoir plusieurs options. De quoi trouver ton bonheur et, avec un peu de chance, être presque tranquille à l’eau.
HIKKADUWA
Au sud-ouest, Hikkaduwa est l’un des spots les plus connus du Sri Lanka. À l’époque, on pouvait facilement la comparer au Hossegor du Sri Lanka. C’est ici que l’on trouvait une vraie culture surf, avec des surfshops et des boutiques dédiées aux riders. Dans le secteur, plusieurs spots étaient référencés : North Jetty, Benny’s, Main Reef, Inside, Beach Break et Rivermouth. De quoi varier les plaisirs en fonction des conditions. En longeant ensuite la côte vers le sud, on retrouve Unawatuna, située après Galle. Puis vient Ahangama, avec une ambiance un peu plus sauvage. Tu peux notamment accéder à une petite île si ton kiff est de te retrouver seul au monde. Les tortues sont nombreuses dans le coin.
MIDIGAMA
En traçant encore plus vers le sud, passage obligé par Midigama. Une toute petite ville où les spots de surf s’enchaînent : Lazy Left, Ram’s, Plantation, Coconut et Turtles. Des gauches très cool comme Lazy Left, puis une droite tubulaire avec Ram’s. Et le détail qui change tout : Midigama est aussi une station de train qui te dépose à environ 100 mètres du spot. Difficile de faire plus pratique!
À Midigama, les guesthouses se succèdent le long de la route et certaines offrent des points de vue complètement dingues. Imagine : Un smoothie sur une terrasse en pilotis, face au coucher du soleil. Une lumière rouge flamboyante à la surface de l’eau. Puis un bon repas avec du poisson fraîchement pêché le matin. C’est aussi ça, un surftrip.
Avant que nous y allions ensemble, Anto fait une halte chez Asanka Guest House, à Midigama, aux abords de la jungle, entourée d’une rivière et avec simplement un pré et les vagues. Un endroit magique !
WELIGAMA
Weligama, c’était notre arrêt ravitaillement. De nombreux commerces et producteurs locaux s’y trouvent : artisanat, fruits et légumes, poissons et crustacés. Nous avions également découvert un super shop/hébergement : Ceylon Sliders. Ils proposaient de beaux produits, notamment des bijoux et du textile, et organisaient également des cours de yoga. Ceylon Sliders est aussi un joli spot, essentiellement apprécié pour le longboard.
Mais à Weligama, tu peux surfer différents types de vagues et trouver de nombreux loueurs de boards directement sur la plage.
MIRISSA
En poursuivant vers l’est, tu peux trouver le spot de Mirissa. Une très belle plage avec une partie lagon et une partie dédiée au surf. Le spot est une droite qui casse à la pointe d’une falaise avant de s’enrouler jusqu’au bord de la plage. Sur cette plage, on rencontre également pas mal de touristes. Si tu aimes l’ambiance animée, tu seras dans ton élément : plusieurs bars et restaurants proposent leurs spécialités les pieds dans l’eau.
MATARA
Matara Reef est un spot connu au Sri Lanka. Matara fait également la jonction entre différentes parties de la côte. C’est un gros centre-ville avec une concentration de boutiques qui s’enchaînent sur plusieurs kilomètres. C’est aussi un point névralgique des transports en commun, avec des stations de bus qui partent dans toutes les directions. Attention à bien lire ta destination avant de monter : sinon, tu peux très vite te retrouver à l’autre bout de l’île.
ARUGAM BAY
Et puis il y a Arugam Bay. La fameuse world-class wave, où sont organisées des compétitions de surf. Des droites longues et tubulaires, fonctionnant principalement d’avril à octobre. De nombreux spots sont accessibles dans la région : Panama Right, Peanut Farm, Crocodile Rock, Arugam Bay, Mambo’s, Main Beach, Pottuvil Beach et Pottuvil Point.
Il y en a pour tous les niveaux, même s’il faut évidemment composer avec le monde sur certains spots. Une véritable machine à vagues. Quand les conditions sont là, tu peux facilement passer cinq à sept heures dans l’eau.
TRANSPORTS
Plusieurs options de transport sont possibles.
LES TAXIS
Ce sont généralement de gros vans, plutôt confortables pour toi et ta planche. Ils sont particulièrement pratiques pour les longues distances, même si le budget est évidemment plus conséquent.
LE TUK-TUK
Plus rustique, mais totalement incontournable. Ce petit triporteur à trois roues se faufile partout, assez rapidement et pour peu cher. Tu peux même y caler ta board sur le toit. Mais pense bien à rembourrer ta housse…
LE BUS
Pas vraiment de place pour les planches à l’intérieur. Les bus sont souvent bondés, avec parfois quelques millimètres entre les passagers. Si tu le prends au terminus, tu peux espérer avoir une place.
NOTRE RESSENTI DANS L’EAU
Pour les locaux, le surf est avant tout un jeu. Un vrai. Et ça donne une ambiance particulièrement cool dans l’eau. Ils sont souriants, curieux et le surf devient rapidement un moyen d’échanger. Les règles de priorité ne sont pas forcément celles auxquelles nous sommes habitués, alors il faut parfois s’attendre à quelques take-off rapprochés. Mais c’est aussi ce qui donne au surf sri-lankais une partie de son charme. Un surf plus spontané, plus ludique, avec cette impression que tout le monde est simplement là pour profiter.

LE GROS POISSON
Qui n’a jamais rêvé de vivre sur une île où l’on se contente de vivre de cueillette, de pêche et de surf ?Nous aussi, on rêve parfois d’aller chercher « le gros poisson ». Le genre de rêve un peu fou où les journées seraient rythmées par les marées, les sessions, les rencontres et les couchers de soleil. Et peut-être qu’au fond, c’est ça que nous étions venus chercher au Sri Lanka. Pas seulement les vagues, mais cette sensation de liberté. Celle qui te fait oublier l’heure, le téléphone, le boulot et tout ce qui existe à plusieurs milliers de kilomètres. Trois semaines à vivre au rythme de l’océan, à découvrir une île, ses habitants et sa culture.
Et pour un premier surftrip, on peut difficilement rêver meilleur terrain de jeu.
Lorraine & Anto – © Copyright : Texte & Photos
