Il n’est pas toujours nécessaire de partir à l’autre bout du monde ni de disposer d’un budget conséquent pour vivre un véritable dépaysement. Parfois, il suffit de reprendre la route, de charger les planches dans le camion et de se laisser guider par la houle. Après avoir retrouvé le rythme de notre « vraie vie », une seule envie s’est imposée : repartir. Alors, au son intemporel de « On the Road Again » de Canned Heat, nous avons repris la route en ce début d’automne, avec cette sensation unique que procure chaque départ en surf trip. À bord de notre fidèle camion que nous vous présentions dans un précédent article nous avons mis le cap sur les magnifiques routes qui longent la mer Cantabrique. Quelques jours, quelques planches, un van et l’océan comme seul itinéraire. Parfois, c’est tout ce qu’il faut pour retrouver l’essentiel.rection le Pays basque espagnol, une terre de surf où les point breaks côtoient les longues plages, où les spots se succèdent et où certains conservent encore ce parfum de nature sauvage qui fait tout le charme du voyage.
« LET’S GO POUR LE PAIS-VASCO »
Nous avons profité de cette première étape pour partager notre passion du surf avec la famille . Pour rejoindre Zarautz depuis Bordeaux, il faut prévoir 3 heures de route. Si tu veux t’essayer au surf et louer une planche, tu trouveras ce qu’il te faut sur le long du front de mer. Pour 1h30 de location au Pukas surf school : 15 €.
Après une bonne session, rien de mieux que de se poser en terrasse face au spot emmitouflé dans ton poncho. Tentés par la spécialité locale: tremper les churros dans un chocolat chaud qui s’apparente à une tasse de nutella. Le quatre heure qui requinque après 2 heures de surf. Prix de la collation 16 € pour 4.

« LET’S GO POUR LA CANTABRIE »
C’est au crépuscule, lorsque l’on prend la route sous un soleil déclinant, que l’on ressent véritablement les premiers frissons du surf trip. Les dernières lumières des habitations du port de Getaria se dessinent encore au loin, accrochées à cette route sinueuse de montagne qui longe la côte. L’océan à nos côtés, nous avançons doucement vers notre prochaine étape : Zumaia.
La route continue, les paysages défilent, et cette sensation de liberté s’installe peu à peu. Après 2h40 de trajet, nous atteignons finalement Santander. Mais nous n’avions pas imaginé à quel point cette ville pouvait être inquiétante une fois la nuit tombée ! Croyez-nous, ici, mieux vaut simplement faire le plein d’essence et reprendre rapidement la route. Entourés d’usines et de zones industrielles, l’ambiance ne correspond pas vraiment à l’image que l’on se fait d’une arrivée de surf trip. Sans perdre de temps, nous faisons donc demi-tour, direction la Playa de Somo, avec une seule envie : retrouver le calme, l’océan et le sable sous nos pieds.
LA PLAYA DE SOMO
COMMENT S’Y RENDRE ?
Zarrautz-Santander environ 2 heures. Essence 1€11/litres, c’est ce qui fait plaisir aussi en Espagne ! Santander-Somo: 30 minutes.
CôTé PRATIQUE :
Dans notre cas, la surprise fut de découvrir que ce spot était particulièrement bien pensé. Facile d’accès, il offre également la possibilité de passer la nuit tranquillement dans son camion sur le parking, situé à seulement 100 mètres des vagues. Nous sommes arrivés aux alentours de minuit, découvrant finalement la ville de Somo au petit matin. En réalité, Somo ressemble davantage à un petit village paisible qu’à une station balnéaire animée. On y trouve des fresques de street art colorées sur les murs, quelques boutiques de surf, une atmosphère décontractée… et tu ne devineras jamais quoi ?! Un skatepark en béton avec un bowl face à l’océan ! Un véritable petit paradis pour les amoureux de glisse, où surf et skate semblent naturellement partager le même terrain de jeu.
Où SURFER ?
Il est important de noter qu’à cette période de l’année, les températures restent assez fraîches en Cantabrie. Une combinaison 3/2 mm sera donc vivement recommandée pour profiter pleinement des sessions. Le spot se présente sous la forme d’une immense plage ouverte, une grande baie capable d’offrir de belles conditions de surf. Orienté plein ouest, c’est un beach break composé de plusieurs pics, avec quelques zones rocheuses. Accessible à tous les niveaux, du surfeur débutant au pratiquant confirmé, c’est un lieu idéal pour se mettre à l’eau tout en profitant d’un cadre naturel exceptionnel.
RESSENTI SUR LA VILLE :
Nous avons particulièrement apprécié l’atmosphère profondément imprégnée de surf qui règne à Somo. Après avoir visité le musée du surf installé en bord de mer, on comprend rapidement que cette petite ville a toujours entretenu un lien fort avec la culture glisse. Au fil des années, de nombreux surfeurs et surfeuses locaux ont transmis leur passion et influencé toute une génération. À l’intérieur du musée, on découvre d’anciennes planches, des archives, des photographies de compétitions d’époque, des trophées et de nombreux témoignages de cette histoire surf qui fait partie intégrante de l’identité du lieu. Une chose est certaine : Somo est une véritable ville de surf. Ici, les vans et les camions se succèdent tout au long de la journée. Certains viennent observer les conditions, d’autres s’installent pour quelques jours, tandis que les derniers reprennent simplement la route à la recherche de la prochaine vague.
« LET’S GO POUR LES ASTURIES »
Trois heures de route s’offrent à nous, sans réelle idée de ce que nous allons découvrir au bout du chemin. Mais rapidement, le paysage nous transporte : des montagnes majestueuses, des ponts suspendus, des rivières sauvages et des morceaux de plages qui apparaissent au loin rythment notre progression. Chaque kilomètre nous donne envie de continuer, portés par cette sensation unique de ne pas savoir exactement ce qui nous attend, mais d’être certains que l’aventure se trouve quelque part devant nous.
PLAYA DE SALINAS


S’Y RENDRE :
De la Playa de Somo à la Playa de Salinas, il faut compter 2h20 de route.
CÔTÉ PRATIQUE :
Pour stationner c’est plus compliqué. Il est possible de dormir avec ton camion sur le grand parking en face de la grande plage de Salinas, mais tu seras loin du coin sauvage, dépaysant et calme !
Où SURFER :
Plusieurs spots se dévoilent le long de cette plage orientée plein sud. Nous avons eu un véritable coup de cœur pour cette gauche, assez puissante, qui déroule à proximité de la digue. Une vague avec du caractère, qui demande déjà un peu d’engagement et qui conviendra davantage aux surfeurs d’un niveau intermédiaire à confirmé. Pour trouver un endroit plus agréable où passer la nuit que le simple parking du spot, nous décidons de prendre un peu de hauteur. Notre van poursuit son périple sans difficulté, même sur ces petites routes parfois accidentées qui donnent tout son charme à l’aventure. Après seulement dix minutes supplémentaires de route, nous arrivons finalement à la Playa de Arnao, prêts à découvrir une nouvelle étape de notre voyage.
PLAYA DE ARNAO
C’est un lieu particulièrement pittoresque, niché entre falaises et océan. Une petite baie abrite quelques maisons de pêcheurs, avec leurs façades et leurs détails architecturaux qui nous plongent presque dans un décor de film de Vikings. Depuis les hauteurs, la vue est imprenable sur cette côte sauvage. Et au loin, un détail attire immédiatement notre regard : une vague semble se dessiner… Serait-ce un nouveau spot à découvrir ?

FOOD :
Suivant les conseils d’une habitante locale, nous nous dirigeons vers LA LUNA à Salinas. Nous découvrons un bar/restaurant en front de mer sur la Playa de Salinas. Quelle joie de trouver un endroit aussi agréable à cette période ! Il faut l’admettre, il n’y a pas foule à ce moment-là. La Luna offre une atmosphère très chaleureuse, avec des planches de surf suspendues au plafond, de petites tables accueillantes et cosy… Entourés de locaux, on a vraiment l’impression que c’est « the place to be ». Pour seulement 12€ pour deux personnes avec une bière chacun, nous optons pour deux menus «Burger» avec des patatas fritas, et c’est vraiment délicieux et copieux !
En longeant l’Avenida del Campón 51 à Salinas, notre regard est attiré par un bâtiment orange qui semble abriter un surf shop, probablement l’un des seuls ouverts à cette période de l’année. En attendant l’ouverture des portes, nous décidons de nous arrêter déjeuner dans le restaurant voisin. Installés dans ce grand jardin ombragé ou sur l’une de ses terrasses, nous profitons d’un véritable moment de pause autour d’un assortiment de tapas. Au menu : des œufs brouillés aux oignons, suivis d’une assiette de calamars frits accompagnés de frites maison, le tout servi avec une bière bien fraîche. Une pause simple, généreuse et typiquement espagnole, pour un total de seulement 12 € pour deux personnes.

ADRESSE :
Après ce bon repas, nous partons découvrir Armada, un concept store dédié à l’univers de la glisse. On y trouve du matériel de surf, mais également des vélos et quelques belles planches exposées. Un lieu intéressant pour les passionnés de surf et de lifestyle outdoor.
DORMIR :
Comme tu l’as bien compris, nous n’avions aucune envie de passer la nuit sur ce parking en plein centre de Salinas. Nous reprenons donc la route en direction d’Arnao pour trouver un endroit plus paisible où poser notre van. Ici, l’ambiance est tout autre : le calme règne, les températures sont fraîches, mais rien ne vaut le plaisir de s’endormir bercés par le bruit des vagues qui viennent se fracasser contre les rochers.
Où SURFER :
Comme tu l’as bien compris, nous n’avions aucune envie de passer la nuit sur ce parking en plein centre de Salinas. Nous reprenons donc la route en direction d’Arnao pour trouver un endroit plus paisible où poser notre van. Ici, l’ambiance est tout autre : le calme règne, les températures sont fraîches, mais rien ne vaut le plaisir de s’endormir bercés par le bruit des vagues qui viennent se fracasser contre les rochers.

« WE’RE COME BACK POUR LA CANTABRIE »
Déterminés à reprendre la route en direction du Pays basque espagnol, nous reprenons notre périple vers l’est. Mais comme souvent lors des surf trips, ce sont les détours imprévus qui offrent les plus belles surprises. Par un heureux hasard, nous découvrons un spot magique à proximité de la ville de Liencres. En arrivant sur la Playa de Canallave en pleine obscurité, nos seuls repères sont le vent glacial qui balaie la côte, la voie lactée qui illumine le ciel, le murmure puissant des vagues et les quelques lumières des vans de surftrippeurs installés face à l’océan. Impossible alors de distinguer clairement les conditions : il faut simplement imaginer la taille des vagues, écouter l’océan et se laisser porter par l’instant. À cet instant précis, une sensation unique nous envahit. Celle d’être totalement immergés dans une nature sauvage, loin du tumulte quotidien, avec l’océan comme seul compagnon.
LA PLAYA DE CANALLEVA
Réveillés par le froid et les premiers rayons de lumière, il est déjà 8 heures. Peu à peu, l’activité s’intensifie autour du camion : les vans s’animent, les surfeurs se préparent et l’océan reprend vie. Nous enfilons plusieurs couches pour affronter la fraîcheur matinale : chaussettes, pantalon, doudoune, écharpe, bonnet… Puis nous sortons enfin pour découvrir les conditions. Quelle belle surprise ! Nous sommes entourés de montagnes, encore partiellement baignées par les ombres du matin, tandis que le soleil tente doucement de percer. L’atmosphère est particulière, presque électrique, comme si tout le monde attendait le moment parfait pour se mettre à l’eau. Nous rejoignons alors les autres surfeurs au check point afin d’observer le spot et prendre la température de cette nouvelle session.


SURF :
Magnifique point break qui déroule, gauche, droite. La vague est longue et puissante. Pas de barre à passer. Un peak calé grâce à un vent du sud-est. Niveau intermédiaire/confirmé. De plus, un beau shore-break permet aux amateurs de bodyboard de s’exprimer dans des tubes !
où dormir ?
Tu peux poser ton camion, sur le grand parking en front de mer comme sur cette photo.
« WE’RE COME BACK POUR LE PAIS-VASCO »
Après 1100 km parcourus en quatre jours, connaissant déjà le spot » LA ZURIOLA » à St Sébastien on se le garde pour la fin et nous qui voulions fuir la ville et continuer à profiter de la nature, nous suivons le beau temps et la chaleur… Vamos à Zarautz.
ZARAUTZ
Liencres – Zarautz : 2h40
Où DORMIR :
Nous rêvions de profiter de cette vue privilégiée sur le line-up, avec l’océan comme premier spectacle au réveil. À Zarautz, trouver un endroit où stationner son van s’avère toutefois assez compliqué. La ville est petite et la majorité des places de parking sont payantes. Nous décidons donc de nous éloigner légèrement du centre et de nous rapprocher de la montagne, sur la partie gauche de la plage, à proximité du golf, afin de trouver un emplacement plus calme. Nous prenons alors la direction du Gran Camping, que nous avions repéré grâce à son sentier de randonnée permettant de rejoindre facilement le spot à pied. Après une dizaine de minutes de négociation pour obtenir le meilleur emplacement possible, nous installons finalement notre camion en hauteur, au bord de la montagne, avec une vue imprenable sur les vagues qui déroulent en contrebas. Le tarif du Gran Camping est de 20 € la nuit à cette période, ou 26 € avec un emplacement équipé d’une prise électrique.


CÔTé PRATIQUE :
Le camping propose une épicerie, un bar, un restaurant, des installations sanitaires, ainsi qu’un accès direct à un petit sentier de montagne qui descend jusqu’à la plage. La descente se fait à travers plusieurs centaines de marches, une petite épreuve qui se mérite… mais qui permet aussi de se forger de beaux mollets ! (Rires) Mais l’effort en vaut largement la peine : le chemin qui mène jusqu’à la plage est tout simplement magique. Entre végétation, reliefs et vue sur l’océan, chaque pas nous rapproche un peu plus du line-up.


Nous traversons alors une succession de décors dignes d’une carte postale. Nous avons l’impression de nous aventurer au cœur d’une jungle luxuriante, puis quelques minutes plus tard, nous longeons de vastes champs dorés avant d’apercevoir enfin l’océan. Et là, le spectacle est saisissant : de magnifiques lignes de vagues se dessinent au large, avec une eau d’un bleu translucide qui nous rappelle certaines plages des Caraïbes. Le spot se révèle être une véritable surprise : une vague accessible, ludique et facile, sans barre à franchir. Nous enchaînons les sessions avec le sourire, profitons de chaque vague, puis vient le moment de remonter les fameuses marches. Étrangement, la montée nous semble presque plus facile que la descente… Sans doute portée par la satisfaction d’une belle session et l’envie de terminer la journée face à ce décor incroyable. Le sourire aux lèvres, nous profitons alors du reste de la soirée, installés face à la baie, avec un magnifique coucher de soleil en guise de dernier spectacle.
surf :
Des vagues qui déroulent principalement en droites, accessibles et agréables à surfer.
BONUS
Une deuxième rando à ne pas manquer, qui se trouve sur le côté droit du camping donnant accès à une plage sauvage, qui est vraiment de toute beauté, si tu n’as pas le vertige !

SAN SEBASTIEN
COMMENT S’Y RENDRE :
Zarautz – San Sébastien : 20 min et Bordeaux – San Sébastien : 3 heures et environ 20 euros de péage.
Où DORMIR :
À Saint-Sébastien, le Airbnb peut être une excellente option pour profiter pleinement de la ville. En revanche, les hôtels situés face à la plage affichent rapidement des tarifs élevés, avec un minimum d’environ 100 € la nuit. Il existe également quelques auberges de jeunesse, mais elles sont souvent complètes, surtout en période touristique. Si, comme nous, tu voyages avec ton camion, il est préférable de t’éloigner légèrement du centre-ville. La problématique reste la même qu’à Zarautz : les places de stationnement sont rares et majoritairement payantes.
Où SURFER :
La baie de La Zurriola offre plusieurs vagues de qualité, avec différents pics permettant à chacun de trouver son bonheur. Près de la digue, tu trouveras une gauche accessible. Au centre de la baie, le spot propose une gauche et une droite qui fonctionnent selon les conditions. Plus proche de la falaise, une droite située au large déroule également, facilement observable depuis les hauteurs. La barre est généralement facile à franchir. Même si la houle peut parfois prendre de la puissance, le spot reste surfable jusqu’à environ 2 mètres. Le courant est également peu présent, ce qui rend la session plus agréable. Tu es débutant ou niveau intermédiaire ? Nous te conseillons de rester du côté de la digue, où les vagues sont plus accessibles. Tu as déjà un niveau intermédiaire à confirmé ? Oriente-toi plutôt vers le centre de la baie ou la droite au large, qui offrent davantage de sensations. Petit détail appréciable : la température de l’eau est environ 2 à 3 degrés plus chaude qu’en Gironde, un vrai plus pour prolonger les sessions.
RESSENTI SUR LA VILLE :
Saint-Sébastien, véritable bastion du surf dans le Pays basque espagnol, est une ville où la culture océan se mêle parfaitement à l’art de vivre local. Avec ses nombreux surf shops, ses restaurants chaleureux et ses incontournables « pintxos » ces délicieuses tapas basques à déguster debout au comptoir la ville offre une expérience unique entre gastronomie, culture et glisse. Son architecture est tout aussi fascinante, avec un mélange harmonieux d’époques où se rencontrent influences contemporaines et héritage baroque. Les façades richement décorées, les détails architecturaux et l’élégance des bâtiments donnent à la ville une impression de raffinement. Très vivante, Saint-Sébastien attire de nombreux visiteurs venus profiter de son ambiance, de ses boutiques et de son célèbre art de vivre. Une destination où l’on vient autant pour surfer que pour flâner dans ses ruelles animées.
Lorraine & Anto © Textes & Photos

1 commentaire(s)
Merci pour ce beau moment de partage, qui me permet de faire aussi se road trip 🤙🏼🤘🏻